Comment fonctionne PhenoType ?

Vous tapez une description, un son, une texture, un instrument, vous appuyez sur EXE, et le nouveau PhenoType de Sonic Charge tente de le construire pour vous. Chaque résultat arrive sous la forme d'un patch Synplant ordinaire, que vous pouvez ensuite muter, ramifier et faire évoluer comme n'importe quel autre : pas un rendu figé dont vous seriez prisonnier. Sous le capot, un réseau de neurones entraîné sur près de 60 000 patches, qui lit plus de 200 étiquettes et environ 1 000 synonymes : il possède donc un vrai vocabulaire pour les mots tordus que les producteurs emploient vraiment.

L'outil est gratuit, à une condition près : il faut une licence Synplant 2 pour le télécharger et le faire tourner. On le doit à Magnus Lidström, le développeur suédois aux commandes de Sonic Charge, qui passe deux décennies à concevoir des instruments qui récompensent ceux qui les triturent.

Pourquoi le « hors ligne » change-t-il tout ici ?

C'est le détail qui devrait faire tiquer les producteurs. PhenoType tourne entièrement dans le moteur JavaScript de Synplant 2, sans traitement dans le cloud ni connexion Internet. La plupart des IA texte-vers-son rendent des comptes au serveur : vos prompts et vos habitudes deviennent les données d'entraînement d'un autre, il vous faut une connexion, et vous patientez. Rien de tout cela ici. Rien ne quitte votre ordinateur portable, aucune latence, et ça marche même en plein vol.

Le coup de génie, ce n'est pas la zone de texte. C'est que rien ne quitte votre machine, et que ce qui revient est un patch que vous pouvez réellement ouvrir et triturer.

Vrai outil ou simple gadget ?

Toute l'identité de Synplant tient dans l'exploration : on cultive et on croise les sons comme au jardin, plutôt que de régler des oscillateurs à la main. PhenoType n'est qu'une rampe d'accès plus rapide vers un point de départ que l'on tord ensuite à sa sauce. Il prend place aux côtés de Genopatch, le moteur avec lequel Synplant 2 est sorti en 2023, qui réalise le même tour de force à partir d'un échantillon audio et non d'un texte. Deux portes vers le même résultat éditable : voilà précisément pourquoi on dépasse le simple effet de mode.