L-Acoustics emmène deux de ses produits les plus récents à l'InfoComm, du 17 au 19 juin au Las Vegas Convention Center, et ce duo dit assez clairement vers quoi se dirige le haut du panier du son live. Le premier, c'est le CS1, un caisson cardioïde qui vise droit le problème du couvre-feu. Le second, c'est Source Intelligence, un outil vocal à base de machine learning que la marque ne vend pas du tout comme une boîte. Elle le vend comme un abonnement. Les deux ont fait leur véritable première sortie lors de la Keynote de la firme au Hollywood Bowl en mai, qui devient ainsi la première salle au monde à installer en permanence les nouveaux L1, L1D et CS1.
Que fait vraiment le CS1 pour les shows en plein air ?
Le CS1 réunit quatre transducteurs de 21 pouces dans une topologie cardioïde, annoncés à un SPL crête de 150 dB jusqu'à 25 Hz. L'essentiel, ce n'est pas le volume, c'est la directivité. Cardioïde veut dire que l'énergie part vers l'avant, dans la foule, et qu'elle est annulée derrière le système : du coup, bien moins de grave fuit hors site vers les voisins qui déposent les plaintes pour nuisances sonores, celles qui font fermer les festivals plus tôt. Pour tout événement en plein air aux prises avec un couvre-feu ou un plafond de décibels en limite de propriété, un caisson qui garde son énergie sur le dancefloor et hors des rues alentour, c'est la différence entre un set complet et une prise débranchée. Ce grave est orienté par conception, pas simplement baissé.
Pourquoi l'outil vocal est-il un abonnement plutôt qu'une boîte ?
Source Intelligence tourne sur le L-ISA Processor II sous forme d'abonnement logiciel sous licence. Il se sert du machine learning pour s'accrocher à la voix du chanteur dans le signal d'un micro et supprimer tout le reste en temps réel : repiquage de la sono, bruit du public, débordements de scène, réverbération de la salle. La marque affirme qu'il ne demande aucun réglage de seuil, aucun ajustement permanent et aucun changement dans le flux de travail existant de la console, et qu'il a déjà tourné sur de grandes tournées, des productions de Broadway et des lieux de culte. C'est le modèle économique qui devrait faire réfléchir le secteur. Une fonction signature vit désormais derrière une licence récurrente, sur un processeur que vous possédez déjà, plutôt que derrière un achat unique que vous gardez pour toujours.
Le matériel reste dans votre camion, mais ce qui le rend spécial se renouvelle désormais à chaque cycle de facturation.
Qu'est-ce que cela change pour la house et les clubs ?
L'isolation vocale est d'abord une histoire de tournée et de broadcast, et la plupart des sets de house underground ne reposent pas sur une voix lead en live. Le CS1, c'est la pièce directement pertinente : un grave cardioïde qui respecte un couvre-feu, c'est exactement ce dont les événements house en plein air et les scènes de festival ont besoin à mesure que les limites de bruit se durcissent dans les villes. Mais c'est le modèle par abonnement qu'il faut garder à l'œil. Si le fabricant le plus prestigieux de la salle banalise le paiement mensuel d'une fonction logicielle sur du matériel audio pro, attendez-vous à voir cette logique descendre tout le catalogue. Le rider dit déjà aux salles quelle marque acheter. La prochaine question, c'est de savoir quelle part du matériel qu'elles achètent continuera de leur facturer une fois la facture réglée.



