L'Echostage de Washington DC a remplacé sa diffusion principale par un rig L-Acoustics L Series, et la raison avancée par ceux qui l'ont monté ne tient pas vraiment à la salle. Elle tient à la paperasse. Marc Chauvin, CTO de l'installateur Showtime Sound, l'a dit sans détour : « If you look at the EDM world, L-Acoustics is now what's expected. It's in all of the top clubs, and Echostage needed that for the riders of the artists. » Voilà l'histoire discrète tapie sous une annonce de matériel. Le rider technique, jadis une liste de retours et un décompte de DI, est devenu un cahier des charges de marque, et la salle de 3 000 places du quartier de Langdon vient de payer pour y répondre.

Qu'a réellement installé Echostage ?

Le design est compact pour la puissance délivrée. Chaque côté fait tourner un L2 sur un L2D, épaulé par une grappe de quatre subwoofers KS28 accrochés en cardioïde. Le grave est renforcé par seize KS28 supplémentaires au sol, en huit piles de deux alignées devant la scène. Les out-fills sont des A15 Focus sur deux A15 Wide par côté, avec des paires d'A15 Wide posées sur les subs au sol pour le front-fill. L'amplification repose sur des contrôleurs LA7.16i et LA12X, et le DJ booth reçoit son propre système de retours Kara II. Showtime Sound, basé à Frederick dans le Maryland, a conçu et installé l'ensemble, et l'équipe de production a insisté sur la rapidité de montage de la L Series et sur la régularité des mesures.

Pourquoi un rider décide-t-il du budget d'investissement d'une salle ?

Parce que le rider, c'est un rapport de force. Quand les têtes d'affiche dont une salle a besoin imposent toutes la même marque d'enceintes, la salle n'a plus de vrai choix entre systèmes, ni sur le prix ni sur le goût. Elle a une case à cocher. Ratez-la et vous risquez la date, ou alors vous encaissez le coût d'une location croisée d'un système accroché pour chaque show concerné, une fuite de budget au ralenti à elle seule. Echostage est un habitué du Top 100 du DJMag et a remporté ce sondage en 2021, donc elle se situe exactement dans le palier où les meilleures productions en tournée s'attendent à trouver leurs caissons préférés déjà accrochés. L'installation est la réponse la moins chère sur quelques saisons. Cette logique se répète maintenant dans tout le haut du circuit des clubs et des festivals.

Le rider a cessé d'être une liste de souhaits pour devenir une barrière à l'entrée, et ce sont les salles qui signent le chèque.

Est-ce bon pour le dancefloor ou seulement pour un fabricant ?

Les deux à la fois, et c'est ce qui rend la chose digne d'attention. Un L2 sur des KS28 cardioïdes est un système de club vraiment excellent, et une salle qui sonne de manière homogène soir après soir, c'est bon pour tous ceux qui s'y retrouvent. Mais la standardisation par le haut rétrécit aussi ce qu'une salle peut être. Le caractère d'un lieu, ces légères différences qui faisaient qu'une salle ne ressemblait pas à une autre, s'efface quand le rider dicte partout la même réponse. Pour le versant underground de la house et de la techno, où les petites salles bâtissaient souvent leur identité sur un système singulier et calé avec amour, la pression pour égaler le cahier des charges des grandes salles est un coût qui n'apparaît dans aucun communiqué.